http://lepetitmondedekirichou.blogspot.com/2016/10/journee-nationale-de-sensibilisation-au.html
Il y a de ces événements dont on ignore tout jusqu’à même l’existence tant qu’on y est pas confronté. Or ils existent bel et bien.
Samedi 15 Octobre c’est la Journée Nationale de Sensibilisation au Deuil Périnatal .. et qui le sait ?

 Il y a deux ans je ne savais même pas que cela existait … et puis un jour, je suis passée dans la « case » des par’anges. Pas forcément reconnu dans la société, il est très difficile de parler de la perte de son enfant, surtout à des personnes qui ne sont pas concernés. On perd une personne âgée, on perd des gens qui ont eu le temps de vivre et profiter de la vie, mais on ne perd pas un enfant…
On sait depuis toujours qu’après avoir parcouru le chemin qui lui a été attribué, l’Homme prend son envol, mais on est loin d’imaginer qu’au lieu de donner la vie, on peut la perdre.
Je ne parle pas forcement de mon cas, il y a des parents qui perdent leurs enfants avant même de sentir leur cœur battre et leur souffle sur notre peau.
J’ai au moins eu cette chance là. J’ai senti la main de mon fils se serrer autour de mon doigt, j’ai senti son petit corps bouger contre moi, j’ai senti sa respiration sur moi et la douceur de sa peau …
Mais après l’annonce « Votre fils ne vivra pas » ou suite au décès de son enfant, que se passe-t-il ?
Avec un peu , beaucoup de chance, tu as ton mari (je parle du papa de ton bébé) avec toi, tu as ta famille, tu as l’équipe médicale qui t’entourera et te soutiendras comme il se doit …
Au début tu n’aura pas envie d’en parler, et marre d’entendre « mais des enfants tu en auras d’autres« , des « il/elle fera toujours parti de toi« , ou des « avec le temps la peine s’apaisera » …
et je le sais … là tu auras envie d’envoyer tout le monde bouler (pour être gentil)… mais ne le fais pas ! il faut que tu sois entouré ! Que ce soit par ton compagnon, ta famille, une psychologue ! Il le faut car tout seul, le chemin sera trop long et difficile !
J’ai eu de la chance de ce côté là ! Ma famille est restée prêt de moi , tout en me laissant du temps. Mais ce qui a été très important dans mon « rétablissement » c’est l’accompagnement que j’ai eu à l’Hôpital. J’ai été hospitalisé au CHU de Montpellier. du moment où je suis entrée, puis quand mon fils est né, dès que j’allais le voir, en réanimation neo natale, et toujours aujourd’hui, j’ai été en contact avec une Psychologue du service: Mme B. Elle a su m’écouter, me soutenir dans chaque étape du parcours, et toujours aujourd’hui.
Dès le départ de mon fils, elle ne m’a pas abandonné. Elle m’a appelé régulièrement pour me dire qu’elle était à ma disposition, dès que j’en aurai la force. Et puis un jour je suis allée la voir. Je ne pensais pas avoir droit de continuer nos rendez vous une fois que mon fils ne serait plus hospitalisé … et pourtant … j’avoue que j’ai toujours besoin d’aller la voir et je peux le faire toujours aujourd’hui dès que j’en ressens le besoin !
Je sais que c’est une chance d’avoir ce suivi ! Pour avoir parlé avec plusieurs mam’ange, peut d’entre elle ont la chance d’avoir ce suivie. Le positif a été que je n’ai pas à discuter de mon histoire avec n’importe quelle psychologue qui ne connait pas cette situation.
Je ne sais pas ce qu’il est possible de faire et de mettre en place, mais je pense vraiment que tous les par’anges devraient avoir la chance d’avoir ou non, en fonction de leurs besoins, un suivi tel que le mien.
Bien sûr, comme on nous le dit la peine s’apaise, mais cela ne se fait pas tout seul. Elle ne disparait pas, nous apprenons juste à la contrôler, et à la maitriser (si on est bien accompagné, je le redis) et à vivre avec.
J’espère que cette journée de sensibilisation va permettre à des par’anges qui en ont besoin de trouver du réconfort et leur montrer qu’il ne sont pas seul.
N’hésitez pas … Si besoin, vous savez qu’une oreille est là …